Témoignage : reprendre sa vie en main après des années de harcèlement

Témoignage : après des années de harcèlement moral, Patricia a repris sa vie en main

Par Anais | Le bon état d'esprit

Aujourd’hui, je vous propose un nouveau type d’article : un témoignage pour vous montrer que changer de vie est à portée de tout le monde. Vous allez découvrir l'histoire bouleversante de Patricia qui, malheureusement, est loin d'être un cas isolé...

Les histoires des autres sont souvent source de motivation : s’ils l’ont fait, alors on peut aussi le faire ! C’est pour cette raison que nous avons créé ce blog. Steven et moi espérons que notre parcours pour quitter le salariat vous donnera des réponses ou des idées. Nous nous sommes nous-même inspirés de gens qui ont réussi à travers différentes lectures (voir notre bibliothèque) avant de nous lancer.

Pourquoi vous raconter l'histoire de Patricia ?

Il existe donc des milliers de parcours et d'histoires, très différents ! Et peut-être vous serez plus touché par certains témoignages que d’autres, c'est pourquoi je vous propose de rencontrer Patricia ! En entendant son histoire, j'ai tout de suite eu envie de la partager avec vous.

Je pense que le témoignage de Patricia vaut bien plus que ceux des grands infopreneurs qui ont réussi depuis des années. Patricia est une personne comme vous et moi, qui après des années de galères, après avoir touché le fond, c'est pourtant relevée ! J'espère sincèrement que cette histoire vous prendra aux tripes et vous donnera le courage nécessaire à surmonter vos difficultés dans le salariat.

Qui est Patricia ? 

Patricia est l'une de mes lectrices et après sa lecture, elle a partagé avec moi son avis, ce qui nous a donné l'occasion d'échanger. Patricia m’a ainsi raconté sa reconversion dans le métier d’écrivain public. Intriguée par cette démarche, j’ai voulu en savoir un peu plus… C'est là que j'ai découvert son parcours douloureux dans le salariat et surtout, le courage incroyable dont elle a fait preuve pour s’en sortir.

J’ai donc voulu lui laisser la parole aujourd’hui, pour qu’elle exprime avec ses mots ce qu’elle a traversé. Si vous n'êtes pas heureux dans votre boulot, j'espère que le témoignage de Patricia vous aidera à reprendre votre carrière en main ! Quitter le salariat c'est tout à fait possible, voici un nouvel exemple 🙂

Le témoignage de Patricia 

Bonjour Patricia, quel métier exerçais-tu avant de devenir écrivain public ?

Bonjour Anaïs et merci beaucoup pour cet entretien. Avant de devenir écrivain public, j’ai travaillé pour un grand groupe français : Air France. J’ai commencé il y a 18 ans de cela à l’aéroport de Charles de Gaulle à Paris en tant qu’agent d’escale commercial, à la correspondance internationale plus précisément.

Puis les horaires décalés ne convinrent plus à mon nouveau statut de femme divorcée avec un enfant à charge. Je passai donc un concours pour entrer à la direction générale des opérations aériennes où je m’occupai du personnel navigant long courrier. J’ai élaboré leurs plannings pendant près de 12 ans avant d’obtenir un poste en télétravail.

Une bonne connaissance de la réglementation aéronautique et de la réglementation interne m’a permis d’exercer mon métier de conseillère à distance auprès des hôtesses et des stewards. C’était un métier difficile car cette population est très capricieuse et susceptible. Diplomatie et assistanat étaient les mots d’ordre.

Est-ce que tu te plaisais dans le salariat ?

Avant de rentrer à Air France, j’ai exercé beaucoup de métiers. Mon parcours professionnel est atypique et ne reflète malheureusement pas les études que j’ai faites. Une mauvaise orientation universitaire ne m’a pas permis de réaliser mes rêves.

En général, je restais deux ans sur un même emploi puis, las, je démissionnais pour trouver autre chose. C’étaient les années 90 et il y avait du travail. C’était possible. Air France fut donc l’exception.

Je commençai à aller au travail à reculons

Je crus longtemps en cette entreprise. Mais du jour où je rejoignis le personnel administratif, tout bascula. Ce fut la plus grosse erreur de toute ma vie. Je commençai à aller au travail à reculons puis à envisager divers scénarios pour quitter ce poste voire mon employeur lui-même.

Pourquoi soudain tu allais au travail à reculons ? Que c'est-il passé ?

Avant toute chose, je me dois d’expliquer que je suis travailleur handicapé. Un grave accident de voiture a bouleversé ma vie alors que je n’avais que 24 ans. Ce handicap, comme pour beaucoup, ne se voit pas. Il faut partager mon quotidien pour comprendre ce que je vis et ressens, ce que je peux ou ne peux pas faire. J’ai longtemps caché à mes employeurs mon état de santé. Je ne voulais pas qu’on me juge, qu’on me condamne, qu’on me critique, qu’on me regarde différemment. Pour ne pas devoir m’excuser de mon état, je me cachais derrière un masque douloureux.

Ce masque, je dus le laisser tomber lorsque ma santé s’aggrava et que j’enchaînai les arrêts maladie. Les médecins demandèrent un aménagement de poste que ma direction eut beaucoup de mal à accepter. Le harcèlement moral commença à ce moment-là. Ma hiérarchie ne comprenait pas que je ne puisse rester assise huit heures par jour derrière un écran, ni pourquoi je ne pouvais plus tenir un stylo et que j’apprenais à écrire de la main gauche pour continuer à travailler, ni pourquoi je restais des journées entières silencieuse et fatiguée, enfermée dans ma douleur. Finalement et au bout d’un an et demi de négociation, un poste en télétravail me fut accordé.

Ma vie reprit un sens, mes douleurs se tempérèrent. Je n’avais plus à supporter le regard inquisiteur de mes chefs au quotidien, je pouvais enfin travailler normalement. Mon corps me laissa donc un peu de répit, je revivais. Deux ans plus tard, j’emménageai avec mon conjoint dans les Hautes Alpes, mon travail ne nécessitant pas d’être à proximité de l’aéroport et l’amour à distance devenant compliqué.

Alors pourquoi as-tu quitté cette entreprise finalement ?

Je recevais une convocation de l’ARH avec refus catégorique de mon éloignement géographique. Elle mit un terme immédiat à mon aménagement de poste de travailleur handicapé (« nous ne nions pas que vous ayez des soucis de santé, mais pour nous ça s’arrête là », tels furent ses propos) et m’obligea sur le champ à revenir tous les jours à l’aéroport. Effondrée, je rentrai chez moi et ne pus en ressortir. Je ne cessais de pleurer et ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. Je me retrouvais à nouveau face à mes démons, face à un travail que je détestais, face à des RH inhumains, face à une déshumanisation du monde actif.​

Malgré mon compagnon, la solitude m’envahit très vite et ne supportant plus la situation, j’avalais tous mes médicaments pour ne plus rien entendre…

Aujourd’hui je regrette ce geste extrême qui plongea mes proches dans un état de perplexité et d’impuissance totale. Mais cet électrochoc me fit comprendre que je ne voulais plus vivre ainsi, que la vie n’était pas souffrir au travail. Je voulais être heureuse et peu importait la façon d’y arriver, je ne voulais plus travailler avec ces gens-là. Je réalisais que, quelque part, en ayant quitté la région parisienne que je ne supportais plus, j’avais déjà décidé de changer de vie.

Que c'est-il passé après cet incident ? As-tu repris les choses en main ?

Après cet incident, je fus en arrêt pour dépression. Parallèlement, je continuais d’espérer qu’un chirurgien veuille bien se pencher sur moi afin de soulager mes paralysies brachiales. Ce fut le cas un an plus tard. Je fus opérée des cervicales (vis et plaques dans la nuque) et retrouvais près de 80% de ma mobilité. Mais pour moi, impossible de revenir à Air France. Je cherchais désespérément des offres d’emploi en télétravail sur internet mais ne trouvais rien. Des offres pour personnes handicapées ne se bousculaient pas non plus sur la toile.

Après des mois de réflexion, une amie me mis sur la voie : puisque j’aimais écrire et aider les autres, je devais trouver une formation pour devenir écrivain public. Je profitais donc de mon arrêt pour entamer une formation à distance.

Après 17 ans de service, je me retrouvais donc dans les couloirs, sans poste, sans bureau, sans collègue, personne à qui parler

En 2015, mon entreprise envisageait de mettre en place son 4ème plan de départ volontaire. Je décidais de revenir en mi-temps médical pour pouvoir en bénéficier et ne pas démissionner. Le retour fut extrêmement difficile. Non seulement on ne voulait plus de moi dans mon service mais on refusait de prendre en compte ma souffrance au travail. La médecine du travail tenta pourtant de leur faire entendre raison, sans succès. La décision fut prise de me mettre au placard.

C'est une nouvelle épreuve, comment as-tu tenu le coup ?

Après 17 ans de service, je me retrouvais donc dans les couloirs, sans poste, sans bureau, sans collègue, personne à qui parler. On m’attribua une chef fictive qui n’avait ni travail à me fournir ni même une place dans ses bureaux. Il me fallut rencontrer un cadre adorable, qui, me voyant pleurer dans les couloirs, décida de m’accueillir dans son équipe afin que je sois au moins assise à un bureau. On me prêta un ordinateur. Je pouvais faire ce que je voulais : des formations en ligne, regarder des films, lire, regarder les mouches voler… Toutes les semaines je remontais donc sur Paris pour 2 ou 3 jours pour ne rien faire. Juste un acte de présence pour ne pas me faire licencier et perdre tout ce à quoi j’aspirais.

Fort heureusement, ma meilleure amie m’hébergea lors de mes séjours sur la capitale. Elle me fut d’une aide précieuse et je ne la remercierai jamais assez. Mon conjoint, mon fils, ma famille et quelques amis me soutinrent fortement et ne manquèrent jamais de m’encourager à voir plus loin que ces moments difficiles. Mon calvaire dura presque un an. Je pleurai souvent malgré tout.

Pourquoi as-tu décidé de te lancer à ton compte plutôt que de retrouver un boulot salarié ?

Mes problèmes de santé sont loin d’être résolus et trouver un poste ergonomique est un vrai casse-tête. Et puis travailler avec des tortionnaires ne m’intéresse plus du tout. Je suis une bosseuse, mais je suis contre l’exploitation des travailleurs. Le système économique actuel ne me plaît pas du tout et les cadres aux dents longues me rebutent au plus haut point.

Vous n'êtes pas heureux au travail, comment vous en sortir ? Lisez ce témoignage inspirant !

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Travailler la peur au ventre ou contre mes convictions n’est plus de mon âge. Les patrons ne respectent plus leurs employés et, sans respect, il m’est impossible d’offrir le meilleur de moi-même. La seule solution était de trouver une activité qui me plaisait et que je pouvais exercer seule. Seule décisionnaire, seule patron de ma vie.

Comment s’est passée ta reconversion ? A-t-elle été progressive ou as-tu attendu de quitter le salariat ?

Ma reconversion fut un peu précipitée. Je devais avoir un dossier de création d’entreprise bien ficeler à présenter au comité des départs volontaires. Je travaillais dur tout l’été pour préparer mon projet et élaborer mon business plan. Cependant j’étais prête à essuyer un refus, auquel cas j’aurais tenté de négocier une rupture de contrat conventionnée et si celle-ci était également refusée, j’aurais simplement démissionné. Dans tous les cas de figure, je ne pouvais plus rester ainsi.

Heureusement, mon dossier fut accepté et le couloir de la liberté s’offrit à moi en octobre 2016. Avant d’être définitivement libre, j’avais encore quelques mois de reconversion que je mis à profit pour construire mon site internet, continuer quelques formations et réfléchir à mon avenir d’autoentrepreneur. Je ne suis plus salariée depuis le 1er avril 2017. J'aurais donc construit mon avenir sur plus de deux années.

Peux-tu nous en dire plus son ton activité aujourd’hui et tes projets ?

Aujourd’hui je suis donc écrivain public. Un vieux métier toujours présent mais auquel on ne pense pas toujours. Je mets ma plume au service des autres, qu’ils soient particuliers ou professionnels. J'aide à rédiger, j’aide à exprimer ce que parfois on a du mal à dire. J’aime aider les autres, j’aime me sentir utile et si quelques personnes décident un jour de me confier leurs histoires de vie, c’est avec un réel plaisir que je les écouterai pour retranscrire leurs paroles.

J’ai déjà investi dans une petite campagne publicitaire sur un véhicule électrique qui sillonne quelques routes alentours. Je vais également me rapprocher des maisons de retraites où beaucoup de personnes âgées sont seules et ne peuvent pas toujours rédiger leurs courriers personnels ou administratifs. Mais je souhaite développer mon activité sur un plan national. En effet, aujourd’hui nous pouvons tout faire à distance et je vais tout mettre en œuvre pour y arriver

Aujourd’hui, quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui ne se plaît pas dans son travail ? À tes anciens collègues ?

Pour avoir vécu l’enfer de la discrimination, je peux dire aujourd’hui que personne n’a le droit de vie ou de mort sur son lieu de travail.

« L’enfer c’est les autres » : cette citation est une des plus fameuses de Jean-Paul Sartre qui achève la pièce de théâtre Huis Clos, écrite en 1943. Cette pièce m’a énormément marquée. L’arrivée de trois personnages aux enfers, l’incompréhension de leur situation et leur punition reflètent les entreprises actuelles.

Il faut oser se réveiller, s’éveiller et s’émerveiller

On ne peut pas rester prisonnier d’un patron ou d’un travail qui ne nous convient plus, qui nous fait mal au ventre, qui nous ternit. Même si pour beaucoup cette activité reste avant tout alimentaire, il est important de vivre heureux. Il ne faut pas hésiter à réfléchir à tout ce qui nous plairait d’exercer. Cela peut prendre beaucoup de temps, mais c’est un bel objectif lorsque l’on sait pourquoi on le fait.

L’envie de reconversion peut passer par des activités extérieures qui nous lèveraient certaines inhibitions qui nous empêchent d’avancer. Sortir de sa zone de confort, se forcer à faire d’autres choses pour se redécouvrir, ne plus avoir peur et comprendre que nos valeurs sont bien réelles.

Beaucoup de mes anciens collègues envient mon départ et regrettent de ne pas avoir réfléchi à ce qu’ils pourraient faire d’autre. Ils le peuvent encore, rien n’est perdu si, plus que tout, ils ont envie de changer de vie. Il faut oser se réveiller, s’éveiller et s’émerveiller

Y a-t-il autre chose que tu souhaites partager avec nos lecteurs ?

Me retrouver seul maître à bord est grisant mais inquiétant également. La nouveauté de la situation fait peur. Je le savais, j’en avais conscience mais rester salariée signifiait cesser de vivre.

Mes premières années ne seront pas faciles, mais ma décision est prise et rien ne pourra me faire changer d’avis. Je me donne deux ans au terme desquels je dresserai un bilan que j’espère positif. Je n’ai pas quitté le salariat pour rêver de richesses. Ma seule richesse c’est mes proches et moi. Si nous restons entourés, tout ira pour le mieux.

N’ayez pas peur, prenez votre temps et retrouvez le bonheur ! Osez être fiers de vous !


Le mot de la fin 

Vous l'avez compris, Patricia est passée par des moments très durs. Oui, elle a eu envie de baisser les bras, elle a parfois perdu l'espoir et l'envie de se battre. Mais finalement, elle s'en est sortie ! Elle ne s'est pas simplement relevée, elle a décidé de revenir aux fondamentaux : sa vie, son bonheur, son épanouissement. Ce n'est pas facile, cela demande de la détermination, de faire face à ses peurs et d'affronter ses doutes.

Patricia, nous et beaucoup d'autres sont passés par là. Alors si vous n'êtes pas heureux dans votre boulot ou plus généralement dans votre vie aujourd'hui, que pouvez-vous faire ? Attendre ou commencer maintenant à réfléchir à ce que vous voulez vraiment ?

Si vous avez besoin d'un coup de main, nous avons écrit un ebook spécialement pour vous aider dans ce processus, que vous pouvez télécharger juste ci-dessous... sinon, repensez à l'histoire incroyable de Patricia et trouvez le courage d'aller de l'avant 🙂 

À votre bonheur,
Anaïs.

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A propos de l'auteur...

Que se passe-t-il quand, après un BAC+5, le monde du travail n'est pas ce qu'on attendait et que la passion d'écrire des romans prend le dessus ? Un changement de vie !

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